11 juillet 1982 – Date d’une des célébrations restées gravées dans la culture populaire italienne et dans l’histoire de la coupe du monde.

Avant le début de la compétition organisée en Espagne, peu auraient parié sur une victoire de l’Italie. Et pourtant, c’est après un parcours extraordinaire que la Squadra Azzurra parvient à se hisser en finale, après être venue à bout du Brésil de Tele Santana, de l’Argentine de Diego Maradona et de la Pologne de Boniek. L’équipe d’Allemagne de l’Ouest, autre finaliste, est physiquement diminuée suite à sa demi-finale remportée face à la France aux tirs aux buts dans un contexte particulièrement houleux marqué par l’affaire Battiston.

Le match débute pourtant mal pour l’Italie, Graziani étant contraint de quitter le terrain sur blessure à la 7ème minute. Mais les Italiens ne perdent pas pied et prennent le jeu à leur avantage. C’est finalement en seconde période que la victoire se dessine. Rossi, l’homme en forme avec cinq buts au cours des deux derniers matchs, donne l’avantage à son équipe, de la tête. C’est à la 69ème, douze minutes après l’ouverture du score, que le match bascule. Le défenseur italien Scirea intercepte un ballon dans les vingt mètres et mène la contre-attaque. La balle file sur la droite et après une combinaison, Marco Tardelli parvient à contrôler de l’extérieur du pied droit. Il surélève le cuir et marque, en glissant, d’une demi-volée. La péninsule italienne est en fusion. L’émotion retranscrite sur le visage du buteur est indescriptible, sans doute un mélange de satisfaction personnelle, de rage, de patriotisme.

« C’est comme si un volcan explosait. Dans ces instants, tu penses aux choses que tu as faites dans ta vie, à ta famille, à tes frères, en Italie. C’est un peu comme quand on dit que tu vois ta vie défiler au moment de mourir. A ce moment-là, j’étais parvenu à un sommet que n’importe quel enfant rêve d’atteindre »

Dans ce cri, il y a également la passion d’un peuple entier, capable d’être soudé dans les moments difficiles. Il met fin à un mois de polémiques, de doutes et de critiques, souvent infondées, contre la Nazionale. La finale se soldera sur le score de 3 à 1, avec les derniers buts d’Altobelli pour l’Italie et de Breitner pour la RFA. Au retour, les joueurs italiens s’offriront même une partie de carte avec Sandro Pertini, le président de la république de l’époque.

En Italie, ce cri est une légende qui ne meurt jamais. La célébration de Tardelli n’est pas sans rappeler celle de Fabio Grosso en demi-finale de coupe du monde, 24 ans plus tard, toujours face à l’Allemagne.