C’est un top 5 qui porte bien mal son nom et s’apparente plutôt à un flop 5. Si elle nous fait souvent rêver, l’histoire de la coupe du monde est aussi jalonnée de pages noires dont on se serait bien passé. Parlons Foot revient pour vous sur 5 matchs scandaleux qui se sont déroulés durant le Mondial. Par ordre chronologique, logiquement – inutile de classer la stupidité.

  • Chili – Italie 1962 : la bataille de Santiago

« Le match que vous allez voir est la plus stupide, la plus effroyable, la plus répugnante et la plus honteuse démonstration de football ».

C’est en ces termes que le présentateur de la BBC David Coleman a présenté la diffusion en léger différé du match Chili – Italie au soir du 2 juin 1962. Dans un match que le Chili, organisateur de la coupe du monde, doit impérativement gagner, les coups ne vont cesser de pleuvoir. En cause ? Les articles peu flatteurs de deux journalistes italiens sur la population locale, qui les ont forcé à fuir le pays face au tollé provoqué. Sur le terrain, malgré la présence de l’arbitre Ken Aston réputé pour son autorité, les choses dégénèrent dès la 12ème seconde de jeu. La suite ? Des coups de pied, des tacles à la tête, des plaquages de rugby, la police sur le terrain et une victoire 2-0 des Chiliens face à des Italiens réduits à 9. La vidéo vous laissera sans voix.

  • Allemagne – Autriche 1982 : l’alliance contre l’Algérie

C’est le match qui a « officiellement » popularisé l’appellation de « match de la honte ». Dans un groupe qui réunit la RFA, l’Autriche, l’Algérie et le Chili, les Allemands perdent à la surprise générale contre les Algériens lors du premier match, dans ce qui constitue la première victoire d’une équipe africaine face à une équipe européenne en coupe du monde. Humiliés alors qu’ils avaient fanfaronné (le coach promettait de rentrer au pays en train en cas de défaite, tandis que des joueurs annonçaient 5 buts minimum), les joueurs de la RFA ont l’occasion de se venger lors de la dernière journée des phases de poule. Ils affrontent l’Autriche, 2ème de la poule : un score de 1-0 pour l’Allemagne permettrait aux deux voisins de tranquillement se qualifier tous les deux, et d’éliminer du même coup l’Algérie.

Au bout de 11 minutes, Horst Hrubesch ouvre le score. Les 80 minutes suivantes sont une parodie de football. Aucune attaque, des passes inoffensives, et un score final de 1-0. Le scandale est international. Dans les tribunes, le public scande « Dehors ! » aux joueurs, tandis que la délégation algérienne quitte le stade. Le commentateur allemand manifeste sa désapprobation en se taisant pendant plusieurs minutes, tandis que son homologue autrichien invite les téléspectateurs à éteindre leur poste et ne prononce pas un mot lors de la dernière demi-heure de jeu. En France, Michel Denisot, aux commentaires pour TF1, affirme durant le direct : « on devrait retirer leurs licences à ces 22 là ».

  • France – Koweit 1982 : le Cheick annule un but des Bleus

Cette coupe du monde espagnole était décidément riche en scandales. On aurait d’ailleurs pu parler de la demi-finale France – RFA et de l’attentat de Schumacher sur Battiston. On s’en abstiendra, par respect pour nos petits cœurs fragiles. Avant cette funeste après-midi de Séville, les Bleus jouent leur premier tour dans le groupe D, aux côtés de la Tchécoslovaquie, de l’Angleterre et du Koweït. C’est ce match qui sera au cœur de la polémique.

Sans Michel Platini au repos, la France se promène. Les Bleus mènent 3-1 à la 80ème minute, et inscrivent même un quatrième but par Giresse. Problème : les joueurs adverses en appellent immédiatement au Cheick Fahid Al-Ahmad en tribunes, président de la fédération koweitienne de football et frère de l’Emir. Il interrompt la rencontre, descend sur la pelouse et ordonne à l’arbitre d’annuler le but, prétextant un sifflet venu des tribunes ayant perturbé ses joueurs. L’assesseur du jeu s’exécute sans broncher. Le sélectionneur des Bleus Michel Hidalgo est hors de lui, mais la police le repousse. Le stade est scandalisé. L’arbitre Mr Stupar sera radié à vie par la FIFA pour cette décision, et pour la petite histoire, les Bleus ont quand même inscrit un 4ème but en fin de match. Justice.

  • Etats-Unis – Colombie 1994 : l’assassinat

Ce n’est pas le match en lui-même qui est honteux dans ce cas de figure, mais bien ce qu’il s’est passé autour de ce 2ème match de poule du Mondial 1994. Avant, tout d’abord, quand le milieu de terrain colombien aux 49 sélections Gabriel Gomez est victime de menaces de morts. Son entraineur vient l’alerter :

« Si tu joues aujourd’hui, ils vont te tuer, et moi et ma famille avec »

Gomez préfère ne pas disputer la partie. On ne le reverra plus jamais sous le maillot colombien. Aujourd’hui encore, le joueur ne sait pas précisément d’où venaient ces menaces, mais il est persuadé qu’il s’agit de narcotrafiquants ayant notamment des intérêts dans la vente de joueurs et les paris sportifs.

Le match se déroule donc sans le solide milieu récupérateur. La Colombie perd 2-1, la faute à un but contre son camp malheureux d’Andrés Escobar. La Colombie est éliminée. A son retour au pays, le joueur est abattu de 12 balles sur un parking. A chaque coup de feu, l’assaillant prend le soin de crier « gol ». Il sera condamné à 43 ans de prison, mais libéré en 2005 pour bonne conduite. Une des pages les plus sombres de l’histoire du football.

  • Portugal – Pays-Bas 2006 : la boucherie

« On est en train, pardonnez-moi l’expression, de péter un câble dans un match regardé par des millions de personnes. Ca ne va pas du tout »

Les mots du commentateurs belge aux commandes de ce huitième de finale de la coupe du monde 2006 résument tout. Alors que l’affiche est alléchante sur le papier, la partie dégénère et l’arbitre est complètement dépassé. 20 cartons sont distribués au total, dont 4 rouges. Inacceptable pour un match de l’ère moderne.